Pourquoi faut-il dépouiller les registres ?

J'ai eu un jour l'occasion de converser par mail avec un "généalogiste" qui recherchait une naissance sur Venesmes qui était en cours de dépouillement. Comme la période n'était pas encore traitée, nous (le dépouilleur et moi même) n'avons pas été en mesure de trouver avec certitude l'acte qui correspondait. Quelques jours après, le correspondant en question m'a envoyé un mail un rien moqueur pour me dire que sur Généanet il avait trouvé un arbre en ligne qui avait "bien dépouillé" Venesmes...
En dehors de l'anecdote, cela prouve qu'il est nécessaire de bien expliquer ce qu'est un dépouillement généalogique systématique, pourquoi il est utile de se livrer a cette activité longue et fastidieuse et comment à l'ère d'internet on doit s'y prendre.

Dépouiller des registres est l'activité principale du généalogiste :
Il faut faire je crois la distinction entre faire "Sa Généalogie" et faire de "La Généalogie". 

Dans le premier cas, on ne s'attache qu'à sa ou à ses lignées en ne donnant aucune importance aux familles liées et même parfois en ignorant les autres enfants des couples ascendants. Au bout du compte on obtient une suite de Sosa. On en a souvent vite fait le tour et parfois pour certains on a envie alors de faire de "La Généalogie".

A bien y regarder, faire de la généalogie c'est quoi ?
Ne serait-ce pas par hasard, prendre un registre ancien, le lire mot à mot de la première à la dernière page pour en extraire l'essentiel ? Et bien finalement, c'est exactement cela dépouiller. 
De nos jours, avec peu de moyens, on prend un registre paroissial, on le numérise avec un appareil photo numérique, on le lit acte par acte en entrant les informations contenues sur un système informatique qui permettra ensuite de restituer les données sous différentes formes.

Pourquoi il est utile et important de dépouiller systématiquement les registres :

Il y a plusieurs raisons à cela et en voici les principales :

Sauvegarder notre patrimoine généalogique : Malgré les soins apportés aux documents anciens par les spécialistes de la conservation au sein des archives départementales, il faut comprendre qu'un document papier vieux de 300 ans ne résistera pas longtemps encore. De plus l'engouement pour la généalogie fait que ces documents sont de plus en plus souvent manipulés et par conséquent fragilisés. Si l'on n'arrivait avant qu'il ne soit trop tard à photographier ces documents, à les lire pour les retranscrire dans des bases de données, ce serait formidable.
Cette action peut être menée par l'état bien sûr mais aussi (au risque d'attendre qu'il ne soi trop tard) par une poignée de passionnés avec de petits moyens.
Sauvegarder notre patrimoine généalogique - c'est l'affaire de tous - Faisons chacun un petit bout du travail.

Gêner le commerce généalogique : Dans le petit monde de la généalogie, on trouve des associations généalogiques qui font payer une cotisation à leurs adhérents, certains de ces adhérents vont faire des relevés bénévoles aux archives et dans les mairies, les résultats de ces relevés sont ensuite vendus par l'association par le biais de revues ou de base internet jusqu'à 2 euros la transcription succinte d'acte...
Dans le petit monde de la généalogie, on trouve des sites internet marchands (je ne parle pas de Généanet) qui d'un côté vous proposent de saisir vos arbres en ligne et de l'autre vous proposent moyennant finance de consulter ces mêmes arbres en ligne ainsi que tout un tas de fichiers plus ou moins controlés sur les médaillés, les expatriés, etc etc...
Dans les 2 cas, cherchez l'erreur...
Pour couper l'herbe sous le pied à ces gens, il n'y a qu'une solution, dépouiller les registres et les mettre gratuitement à la disposition de tous, c'est possible, la preuve...

Permettre de retrouver facilement la trace d'un individu : Lorsqu'on commence sa généalogie, on tombe sur des actes généralement bien écrit et comportant nombre de détails utiles, puis en remontant le temps, l'écriture devient moins lisible, les détails plus succints, malgré tout on dispose encore de tables décennales et annuelles pour s'y retrouver. Jusqu'au jour ou on arrive au gros "b....." de la révolution puis encore avant aux registres paroissiaux ou un décès peut être relaté par 5 ou 6 mots entre 2 actes, parfois écrit sur une fin de page libre quelques années avant...
Dans ce cas, la seule solution pour retrouver à coup sur un individu ou un couple, c'est le dépouillement systématique. Si chaque généalogiste traitait 10 ans d'une commune, nous aurions déjà tout dépouillé.
Exemple, retrouvez sur cette page l'acte de décès de Jean MARLIAT (l'écriture est belle, la page en bon état et l'acte pas trop caché) et imaginez-vous face à un registre de 300 pages disposant d'une heure avant la fermeture de la mairie pour retrouver l'acte en question...

Avoir une vue d'ensemble de la vie d'une paroisse : Une fois que vous aurez passé 2 ou 3 mois à dépouiller acte après acte un registre complet, vous aurez une connaissance incomparable des différentes familles, des liens existants entre ces familles. Vous serez également devenu un spécialiste des différents patronymes et de leurs variantes et votre compétence sera utile pour une bonne appréhension de la généalogie globale de la paroisse en question.

Permettre de retrouver des documents annexes à la généalogie : Pour moi, un des grands bonheur de la généalogie est aussi de trouver au détour d'une page un petit morceau de texte relatant un événement survenu dont l'intérêt est plus sociologique et historique que généalogique. En voici un exemple, trouvez ce petit texte parlant du ciboire de l'église.

Voilà, j'espère vous avoir donné assez d'arguments pour passer à l'étape suivante...
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