Une industrie oubliée…… sur le bord de la route

Une industrie oubliée…… sur le bord de la route

Messagepar Huguette Deshayes » 03 Nov 2014 18:07

Auteur : Francoise le Prezet
L ensemble de cet article est en grande partie inspiré par les Forges de Tronçais, un remarquable ouvrage collectif avec préface de Denis Woronoff, publié en 2005 par le CPIE Tronçais.


minesfer.jpg
Les automobilistes qui empruntent la D 34 entre Vorly et Dun-sur-Auron traversent, un peu avant cette ville, sur le plateau calcaire des Chaumes de Cors, une zone surprenante. Elle attire l'attention par des excavations et affaissements recouverts d'une végétation rare et buissonnante, témoins d'un sol définitivement inculte. Ce paysage a été façonné par des mines de fer dont l'exploitation a fait la richesse de Dun au XIXème siècle.
Beaucoup de noms attestent la présence de fer dans le secteur : les mines, le minerai, la blanchisserie, le manège … Le minerai recueilli était lavé afin d'être prêt à utiliser pour la production de fonte.

Une partie était utilisée sur place par exemple à Parnay ou il y avait un moulin et une forge mais aussi aux Salles, non loin de Thaumiers où le comte de Bonneval avait fait construire en 1839 un haut-fourneau. Décrit dans le bail consenti en 1841 à Jean Baptiste Duchanet, maître de forges à Charenton, il comprenait, hormis le haut-fourneau proprement dit, une usine et les bâtiments accessoires, une maison de maître et des logements ouvriers. (1)
Non loin de là, le marquis de Travanet avait acquis le domaine de Préalix et le droit d'extraction des mines de fer, afin d'établir lui aussi un haut-fourneau, comme il venait de le faire aux Lavoirs près de St Florent. Devant le refus catégorique du maire de Dun, il revendit la propriété en 1843 à Jean Aubertot, maître de forges à Vierzon. (2)

La plus grande part du minerai était acheminée à dos de mules vers les grosses forges de Charenton, Bigny, voire Tronçais. Ensuite, le canal de Berry permit le chargement sur les " berrichons ", tirés par des ânes, ils n'allaient pas plus vite mais transportaient une soixantaines de tonnes. C'est ainsi que le minerai extrait des Chaumes de Cors était amené par des wagonnets vers un petit canal de raccordement au canal principal, se terminant par un bassin de retournement au lieu dit Tessiau. Les wagonnets remontaient ensuite la pente, tirés là encore par des mules. En 1853, ce site comportait 24 minières et employait 220 personnes, pour le compte de la Sté Chatillon-Commentry.

La disparition progressive des forges au bois supplantées par celles fonctionnant au charbon à Commentry et Montluçon, l'arrivée du chemin de fer reliant ces deux villes à Bourges et le minerai du Berry s'avérant insuffisant pour répondre à la demande marquèrent le déclin de cette industrie en Berry dès les années 1880. Dans le secteur de Dun-sur-Auron, à part les traces laissées dans le sol et le canal de Tessiau dont peu de gens connaissent l'usage, il ne reste aucun souvenir de cette époque.


(1)AD 18 - E 15046 - 16 Septembre 1841
(2)AD 18 - E 15472 - 18 Juin 1843
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
Huguette Deshayes
 
Messages: 10
Enregistré le: 03 Nov 2014 17:25

Retourner vers Economie

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron