Les cloches de Givaudins

Les cloches de Givaudins

Messagepar Monique » 16 Nov 2014 13:37

12/04/2009 - Auteur : Françoise Le Prezet

Les cloches de l église de GIVAUDINS ou CLOCHEmerle sur les bords de l Auron...

eglise-plaimpied.jpg
L'église de Plaimpied

La pauvreté des habitants empêche le remplacement des cloches rompues au moment des guerres de religion. En 1564, le seigneur de Germigny leur accorde 20 livres pour la fourniture d'une petite cloche.
Il faut attendre 1644 pour que l'église soit pourvue d'une cloche plus importante nommée MARIA MAGDALENA, comme la sainte patronne de la paroisse. En 1774, une autre la rejoint au pignon au dessus de la porte d'entrée, elle est baptisée SAINTE CATHERINE. Pour mieux les abriter, on envisage la construction d'un clocher mais ce projet ne sera jamais réalisé.

En 1793, l'église est dépouillée des objets du culte, la cloche SAINTE CATHERINE envoyée à la fonte. Fermée puis désaffectée, l'église est adjugé le 7 Juillet 1798 à Pierre FAUVRE, la cloche et le cimetière font partie de la vente avec " réserve ".

Pierre FAUVRE, premier maire de Givaudins, est un laboureur : l'église devient une grange. A sa mort en 1804, elle figure à l'inventaire comme " locature " et le cimetière est qualifié de " terre labourable ". La cloche est toujours là " pour être remise à qui il appartiendra ".

Jean FAUVRE qui a succédé à son père à la mairie, laisse la cloche en place. Il décède en 1815, son frère Jean Baptiste rachète l'église aux héritiers et, en raison de la réserve, la cloche est " remise à l'autorité supérieure ". Elle se retrouve aussitôt dans le clocher de Plaimpied.

C'était sans prévoir la réaction des habitants de Givaudins : il n'ont plus de lieu de culte depuis vingt ans et voilà qu'on leur enlève la cloche si précieuse pour les sonneries civiles, en particulier en cas d'incendie ! Le 30 Juin 1819 ils font parvenir une pétition au Préfet du Cher pour que la cloche leur soit restituée.

Le 15 Janvier 1820, le maire de Plaimpied et le conseil municipal prennent un arrêté pour remettre la cloche au maire de Givaudins. Les habitants et le desservant sont d'accord.

Malheureusement les choses se gâtent : les habitants de Givaudins qui n'ont plus d'église, participent à auteur de 2/5èmes aux dépenses de l'abbatiale de Plaimpied. Or celle-ci est interdite en 1825 pour cause de délabrement et il n'y a plus de curé. Lorsque les choses redeviennent normales, mais seulement en 1833, ils refusent de concourir au supplément de rémunération du nouveau prêtre. Ipso facto, l'autorisation de faire inhumer leurs morts dans le cimetière de Plaimpied leur est retirée …

Mais revenons à la cloche, elle est toujours en place lorsque Claude PORCHERON prend possession, à la suite de Jean Baptiste FAUVRE, de la locature dite " de l'ancienne église ". Il sait que la cloche a été restituée par Plaimpied et il peut donc s'en croire légitimement propriétaire, comme de la terre du cimetière. C'est dans cette certitude qu'il s'endort de son dernier sommeil en 1831.

L'un de ses fils, Pierre -Auguste, notaire à Bourges, reçoit en héritage les propriétés de Givaudins. Ne vivant pas au village, il ignore tous ces avatars et le temps passe … Jusqu'à la fusion de Givaudins et Plaimpied en Avril 1842 !

Toute affaire cessante, dès le mois de mai suivant, le conseil municipal de Plaimpied décide qu'ayant des droits sur la cloche il convient d'en avertir la Préfecture. Huit conseillers vote nt pour et deux contre (ils habitent Givaudins).

Le Préfet est circonspect car M. PORCHERON est un notable et, avant de se prononcer, il veut se renseigner sur les droits qu'il pourrait avoir sur la dite cloche qui se trouve dans un bâtiment acheté par ses " ancêtres ". Il charge le maire de Plaimpied de la démarche et c'est donc ceint de son écharpe, escorté d'un membre du conseil municipal et du garde champêtre, que M. COUSIN se rend à Givaudins. Il a aussi pour mission de s'assurer de l'inscription figurant sur la cloche. Hélas, le bâtiment est fermé et le locataire de M. PORCHERON refuse d'en donner la clef.

Fureur du maire qui décide aussitôt de soumettre l'affaire au Conseil de Préfecture en même temps qu'il convoque M. PORCHERON. En toute bonne fois, celui-ci confirme ses titres de propriété et précise que " la cloche a bien une inscription mais qu'il ne sait pas laquelle ".

A deux reprises, en 1845 et 1846, M. PORCHERON exercera des recours contre la mairie de Plaimpied. Quant au Préfet, il fait rechercher les droits que " parait " avoir la commune de Plaimpied quant à la possession du cimetière et de la cloche, droits qui figurent dans la toute première transaction cinquante ans auparavant. Il s'avère que ceux-ci sont incontestables ce qui est immédiatement entériné par le conseil municipal et entraîne la démission des deux conseillers habitant Givaudins.

L'administration tarde à se prononcer, ce n'est que le 21 Mars 1848 que le Conseil de Préfecture rend un arrêté confirmant la propriété de Plaimpied sur la cloche et le cimetière. M. PORCHERON, condamné aux dépens, fait une dernière tentative pour garder la cloche " dans l'intérêt de la section de Givaudins pour son utilité en cas d'incendie ". Il est débouté le 15 Avril 1848 et sommé de rendre la MARIA MAGDALENA le jeudi suivant à dix heures précises.

Le coup est rude pour Givaudins où l'on a du mal à se résigner. Pendant longtemps, le curé de Plaimpied y fût désigné comme " le voleur de cloche ".

Nommée familièrement " la Givaudine ", elle se retrouva dans le clocher de Plaimpied où elle fût brisée par le violent ouragan du 19 Juillet 1886, à la consternation générale.

On la remplaça par une autre cloche plus grosse et sonnant le " do " sur laquelle furent reprises les inscriptions figurant sur l'ancienne. En quelque sorte, c'est une fausse Givaudine qui sonne aujourd'hui et qui s'est substituée à la vraie dans les mémoires.

Les restes de la MARIA MAGDALENA furent rachetés par le fondeur et n'entrent même pas dans le bronze de la nouvelle cloche. Quant à l'ancien cimetière, transformé depuis longtemps en potager, il fût vendu par la commune à M. PORCHERON le 16 Août 1849 pour la somme de 6 francs.

Sources : archives municipales de Plaimpied, registres des délibérations du conseil municipal
A.D. du Cher
La semaine religieuse
Plaimpied par l'Abbé de Roffignac
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
Monique
 
Messages: 238
Enregistré le: 03 Nov 2014 19:09

Retourner vers Histoire du Berry

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron