Cahier de Doléances de Lapan

Cahier de Doléances de Lapan

Messagepar Monique » 10 Nov 2014 07:43

07/06/2007 -Auteur Eric Pigeat

En 1789, faire part au Roi des doléances a donné lieu dans bon nombre d endroits à des réunions ou chacun est venu dire ce qui n allait pas...
Voici le cahier qui en a été tiré pour la petite paroisse de Lapan (actuel canton de Levet (18))...
Pour situer les choses, la paroisse comptait 280 personnes et 39 feux en 1793. La réunion s'est tenue le 01 mars 1789 sous la présidence de Jacques JOUVE (curé de Lapan).

Le document fait ressortir que la paroisse était peuplée en 1789 de 32 feux et qu'il y avait 5 privilégiés (2 ecclésisatiques et 3 laïcs).

Liste des Comparants à la dite réunion : (furent députés, Jean PICHON et Michel FORGEREAU)
 Jean PIGEAT
 PICHON, dit Sylvain PICHON
 Antoine PICHON, syndic
 Denis MICHEL, Maçon
 Pierre SIMON, chanvreur
 Michel FORGEREAU, laboureur
 Jean PICHON, meunier
 Etienne CHOMEAU, journalier
 Etienne FORGEREAU, laboureur
 Etienne LEMOINE, tisserand
 Jean LECÊTRE, laboureur
 Jean VINCON, laboureur
 Sylvain PICHON, meunier
 Léonard BARACHET, laboureur
 Etienne SALAUT, manoeuvre
 Vincent RAGON, laboureur
 Thomas DESROCHES, laboureur
 Edmé BIZET, manoeuvre
 Francois DESROCHES, laboureur
 Jean PIGEAT, garde des bois de monsieur de BONNAULT, seigneur d'Houët
 Charles RAGON

Les doléances :

Les paroissiens de Lapan comme ceux des autres églises se plaignent beaucoup de l'impôt du sel et du vin, désirent que les commis et les gabelous cessent de l'être, que le sel et vin deviennent francs et libres.

Que leur territoire est si stérile, si ingrat quà peine peut-il suffire pour payer les dîmes et le terrage et satisfaire aux autres impôts.

Que les seigneurs afferment leurs biens à des fermiers qui sous-afferment à d'autres, ce qui fait que les habitants sont obligés d'acheter tropcher ; c'est pourquoi les habitants, surtout les plus pauvres, désirent qu'il leur soit défendu de faire valoir leurs biens et fonds par d'autres que par leurs propres laboureurs. (Cette pratique de sous-fermage semble fort répandue à l'époque en Berry).

Que les seigneurs font vendre leur bois par leurs gardes, qui les vendent ensuite à des commerçants qui les revendent trop cher, ce qui fait que les pauvres gens n'en peuvent acheter. (Là, mon ancêtre Jean, garde des bois ne devait pas être très à l'aise...).
Que la plupart des preneurs de tabacs sont si pauvre, qu'il ne peuvent s'en procurer au prix qu'il est, ce qui leur cause bien des infirmités. (Ca, ça n'a pas changé, sauf que pour les infirmités, on a des patch...).

Enfin, la paroisse entière joint ses voeux, désirs et souhaits à ceux de toute la province ainsi que toutes ses doléances, plaintes et remontrances.
Monique
 
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