Lunery, Station verte depuis 2000 ans.

Le Berry et son environnement

Lunery, Station verte depuis 2000 ans.

Messagepar Monique » 11 Nov 2014 16:46

09/07/2007 - publié par Christine GUERIN, illustrations fournies par Pascal LECLAIR

Historique publié dans le bulletin municipal de Lunery en 1971.


Le riche romain d'Avaricum avait fait de Luneriacum sa résidence de printemps.

HISTORIQUE

L'histoire de LUNERY, riche d'un passé de vingt siècles ne saurait être relatée en quelques lignes.
Nous n'en retiendrons par conséquent que les traits essentiels.

Avec tout de même quelque certitude on peut attribuer la fondation de notre cité à nos ancêtres Gaulois.
En effet, il est incontestable que notre commune est née d'une position privilégiée sur le Cher, qui en fit un lieu de détente idéal dès l'époque lointaine des conquérants Romains de Jules César, installés dans la riche capitale d'Avaricum.

Fondée par un Gaulois ayant pour patron un riche citoyen Romain du nom de Lunarius (en Français Lunaire ou Léonor), notre Commune de Lunery a environ 2.000 ans d'existence.

Le touriste du XXe siècle comprend aisément que les Romains, grands amateurs de beaux paysages, aient pu choisir notre petite ville pour y établir, dès le printemps, leur résidence secondaire, délaissant la grande métropole d'Avaricum (Bourges) pour notre verdoyante vallée du Cher.

C'est au moment de son érection en paroisse que LUNARII-ACUM prit le nom qu'il allait (avec quelques modifications orthographiques) garder au long des siècles.

On trouve, en effet, au hasard d'actes enfouis dans de vénérables archives :

1202 ........ LUNARIE.
1227 ........ LUNARE.
1258 ....... LUNERIACO ou LUNÉRIACUM
1450 ......... LUNERY.

C'est donc depuis 1450, c'est-à-dire depuis la fin de la guerre de Cent ans que notre petite ville porte son nom actuel.


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Lunery fut bâti sur un territoire occupé par les Romains de Jules César : de nombreux vestiges de l'époque Gallo-Romaine retrouvés en différents endroits de la Commune en font foi. De considérables et luxueuses constructions occupaient, il y a au moins 18 siècles, l'emplacement sur lequel se trouve actuellement le Bourg de Lunery,

De bonne heure des seigneurs particuliers portaient le nom de notre terroir. Dès le 13e siècle on retrouve dans les archives de l'Indre en 1229: Hugo de Lunare, chevalier.
En 1270, le territoire de Luneriaco fut partagé entre Raoul de Culan et Pierre de Saint-Palais, puis en 1291
Hugonin de Luneriaco fit don de ses terres à l'Abbaye de La Prée.

Toutefois, on ignore où se trouvait la résidence de ces seigneurs. Les historiens prétendent qu'il a existé sur la hauteur touchant au hameau nommé Chappé dans un endroit appelé les Renaudes les vestiges d'une tour immense. Peut-être l'habitation seigneuriale (le château fort) s'élevait-elle en cet endroit ?

Quelques hameaux de Lunery :

CHANTELOUP : Appartenait autre fois à la terre de Jean Le Roy dont la famille originaire de Bourges acquit en 1278 Saint-Florent et Villeneuve et est à l'origine de la construction du château de Saint-Florent. Jusqu'au début du 19e siècle le village s'appela Champ-Loup ou Champ du Loup.

L'ÉCHALUSSE : C'était jusqu'au 16° siècle une seigneurie avec ses seigneurs particuliers. Elle fut vendue vers 1587 aux Rochefort de Mareuil.

CHAPPÉ : Traversant la route de Lunery à Civray, nous rencontrons à quelques centaines de mètres de Bellechaume, les vestiges d'un petit village où se serait élevée l'immense tour qui était peut-être le donjon des seigneurs de Lunery.

LA VERGNE : [...] C'est en ce lieu que les riches Romains puis Gallo-Romains d'Avaricum (Bourges) venaient passer leurs week-end, dès le printemps. La situation magnifique de ce village sur le sommet du coteau dominant la vallée du Cher en faisait déjà une station de vacances. On a en effet retrouvé des traces nombreuses du séjour prolongé des Romains en cet endroit.

LES RIMBERTS : Sur la route de Lunery à Châteauneuf, dans le bois, se trouve le château des Rimberts. Cet ancien fief fut vendu en 1614 par le Seigneur de Mareuil à Jean de Culan, sieur de Champroy.

CHAMPROY ou CHAMP DU ROY : Le Château de Champroy, propriété privée, situé sur la déclivité de la rive gauche du Cher dut être une Villa Romaine : la découverte d'un carrelage romain en brique rouges et de quelques monnaies d'Auguste de Crispus et Maxence semblerait l'attester.
L'origine de CHAMPROY remonterait si l'on en croit certains historiens aux invasions Normandes (vers les années 800) époque où les communications fluviales étaient très importantes.

ROSIÈRES : Vers 1102. la terre seigneuriale de Rosarie (du latin Rosarium : lieu planté de Rosiers) était le fief de Normannus de Rosarie dont l'habitation s'élevait au lieu-dit " Le Grand Rosières " complétée par une métairie sise à "Grange-Brûlée".
A la fin du 12e siècle cette terre fut vendue à l'Abbaye de La Prée située à 2 lieues d'Issoudun, fondée en 1145 à Ségry (Indre).
En 1562, lors des guerres de religion, Georges du Puy, seigneur du Coudray (commune de Civray) vint se réfugier à la "Grange Brûlée" son château ayant été détruit par les cavaliers protestants du Capitaine d'Ivoy faisant route vers Issoudun pour y mettre un terme aux persécutions des catholiques. Le seigneur Coudray fut tué à la Grange Brûlée 2 jours après son arrivée. Quant au capitaine d'Ivoy qui fracturait si bien les châteaux, il montra qu'il était un grand chef en ordonnant le pillage et l'incendie du château de Saint-Florent.
EN 1836 : Monsieur de Boissy établit à Rosières à proximité du moulin situé sur le Cher une forge alimentée par le charbon de bois.
EN 1877 : fut créée l'actuelle Société Anonyme des Usines de Rosières, constituée par les héritiers et les collaborateurs du fondateur M. Jules Roussel (en 1869).

QUELQUES DÉCOUVERTES D'UN INTÉRÊT HISTORIQUE CERTAIN SUR LE TERRITOIRE DE NOTRE COMMUNE

EN 1872 : Des fouilles effectuées à La Vergne mirent au jour des fûts de colonnes, des tuiles romaines, et une épée antique.
On découvrit également une urne funéraire en verre de couleur verdâtre renfermant des cendres et des fragments d'os, hermétiquement fermée par un couvercle de verre. Une sorte de papyrus couvert de plusieurs lignes d'une écriture inconnue enveloppait ces fragments d'os calcinés.
On a également découvert dans le vallon entre La Vergne et le Cher quelques pièces de monnaie en bronze de Marc-Aurèle et de Constantin (Empereurs Romains) ainsi que des briques tuiles, fragments de poteries antiques.
EN 1886 : LA MOSAÏQUE. La construction d'une maison du Bourg à une centaine de mètres au Sud-ouest de l'église amena la découverte à 1 m. de profondeur d'une mosaïque importante, vendue au musée de Cluny à Paris.
DIMENSIONS de cette MOSAÏQUE - Largeur totale : environ 4 m Longueur totale : 6 m.
Les dessins y sont tracés par des lignes de cubes noirs, des cubes rouges ou jaunes coloriaient certaines parties (ce sont des marbres tirés du Cher).
Les tableaux intérieurs de 0,30 m. de côté représentent sur un fond blanc des oiseaux aquatiques : l'un deux, un oiseau au long cou s'apprête à saisir une mouche au corps formé d'un cube rouge, à la tête jaune et aux pattes faites de fragments noirs longs et étroits. Ces oiseaux évoluent parmi les fleurs de nymphéas rouges et jaunes.
Cette mosaïque, affirment les spécialistes, n'a pu appartenir qu'à une construction importante, riche habitation ou thermes (bains-douches avec salle de gymnastique ouvert au public).
EN 1887 : Découverte près du hameau de Chanteloup sous un petit tumulus (butte) en pierrailles : Un squelette à très grosse tête. Une épée de fer, à lame en feuille de sauge à crans, renforcée d'une arrête médiane, un rasoir de bronze ovale et un bracelet de bronze.
Ces objets sont au Musée de Bourges. On en a trouvé de semblabes dans les demeures élevées sur pilotis dans les lacs de Suisse. Ils datent d'après les historiens du VII ème ou VI ème siècle avant notre ère.
EN 1891 : A l'occasion de la réfection du dallage en mauvais état de l'église, on découvrit une sépulture érigée au milieu de ruines antiques. On mit ainsi à jour un réservoir parmi des dalles parfaitement jointes aux parois recouvertes par une mosaïque II s'agissait là sans doute de vestiges de Thermes Romains comme on en trouve près des rivières puisqu'on y retrouva une monnaie en billon à l'effigie d'un Empereur Romain de l'année 258.

LUNERY SOUS LA RÉVOLUTION EN 1790


La Révolution de 1789 devait se manifester dans notre calme et verdoyante bourgade par quelques remous dans la vie de tous les jours.
L'église paroissiale fut louée pour servir de grange, on en bouleversa le sol qui fut dépavé.

Le dimanche 30 Janvier 1791, à l'issue de la messe, la Municipalité de Lunery invita le curé à prêter serment de fidélité à la Constitution : il refusa. Le prêtre, devenu prêtre réfractaire (ayant affirmé par son refus sa fidélité à la Royauté) se réfugia, affirme-t-on, à La Bruère où il retrouvait de nuit les paroissiens venus assister aux cérémonies.


Après la Révolution l'histoire de notre cité se confondit avec celle de notre département. Si, au long des siècles, Lunery a conservé son attrait touristique et si les habitants de l'ancienne Avaricum continuent à en faire leur résidence de printemps et d'été, toujours en plus grand nombre, il serait injuste de ne pas rendre au Cher et à ses rivages verdoyants l'hommage qu'ils méritent, de ne pas se souvenir de leur rôle à l'aube de notre cité. Mais il serait inexact de lui en laisser tout le mérite et de passer sous silence l'extraordinaire richesse minière du sous-sol de notre région qui fit, que dès l'époque gallo-romaine des forges s'y installèrent.
On peut voir là l'origine de la vocation seconde du hameau de Rosières, à proximité de l'important lieu de passage de Saint-Florent, ayant facilité son industrialisation.

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Bornons-nous à rappeler ici qu'on comptait naguère LUNERY, Saint-Florent, Morthomiers, Villeneuve, La Chapelle-Saint-Ursin, Mareuil, parmi les communes du centre de la France, les plus riches en minerai de fer, fournissant en partie les importantes usines de Fourchambault, de Montluçon et du Creusot.
Un document daté de 1862 précise qu'il y avait alors 505 mineurs à Saint-Florent, Lunery et aux environs, dont 142 en sous-sol. La production était voisine des 50.000 tonnes. Dans la région, de nombreuses forges transformaient sur place le minerai par le procédé catalan et des bateaux transportaient la fonte et le fer obtenus.
Le dernier haut-fourneau berrichon, s'éteignit à Rosières en 1906. Les traités de commerce signés par Napoléon III dès 1860 amenaient en effet de la part de l'étranger une concurrence telle que les forges berrichonnes s'éteignirent les unes après les autres ou durent se reconvertir en fonderies.
Dès 1877 était créée l'actuelle Société Anonyme des Usines de Rosières qui devait connaitre le rapide essor que l'on sait, pour atteindre aujourd'hui au troisième rang français de fabricants d'appareils ménagers. A la même époque, les tuileries et les fours à chaux disparurent, après avoir été florissants pendant des siècles. Tout s'effaçait devant la nouvelle industrie naissante.
Un long chapitre de l'histoire locale s'achevait.
Le nouveau est tout juste commencé et déjà notre cité a pris place dans le " triangle industriel"du département du Cher, parmi les villes d'avenir.
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Monique
 
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