Saint-Florent-sur-Cher

Le Berry et son environnement

Saint-Florent-sur-Cher

Messagepar Monique » 11 Nov 2014 16:13

17/10/2008 - Auteur : Bernadette Moy

Sous la direction de Jean-Luc, un petit brin d 'histoire du Château de St Florent.

le chateau 1.JPG


Naissance de l’Hôtel de Ville

Le 20 septembre 1936, un grand rassemblement populaire était organisé, pour fêter l’acquisition par la ville du château de St-Florent.

Sur l’escalier d’honneur du nouvel hôtel de ville, les élus du Front populaire, Henri SELLIER ministre socialiste et Gaston CORNAVIN député communiste de la circonscription prirent la parole devant une foule considérable. Il est vrai que la Municipalité venait de faire un merveilleux cadeau à la population florentaise laquelle, pour 5000 000 F de l’époque, devenait propriétaire du château et de ses 13 hectares de parc.

Ce ne fut pourtant pas si simple car le gouvernement ayant refusé des subventions à la commune, il fallut recourir à l’emprunt local. Ainsi, une moitié de la somme a été souscrite, à l’appel de la Municipalité, par les habitants pour la plupart modestes, les plus fortunés ayant boudé cet emprunt. Enfin, c’est grâce au gouvernement du Front Populaire, élu en mai 1936, qu’un emprunt fut accordé par l’Etat pour couvrir la somme restante
Le 30 mai 1936, le château de St-Florent devenait bien communal.

Ce bel édifice a connu au cours des siècles, des fortunes diverses et ses murs sont chargés d’histoire.

20 sept 1936.JPG


Un peu d’histoire …

L’existence d’un gué sur le Cher déterminera, à l’époque gauloise, des populations à s’établir en bordure de la rivière, lieu de passage.

Le premier village devint, avec les Romains, un « vicus aureus », bourg doré.

Nommé Sanctus Florentus en 1100, il ne devint Saint- Florent qun 1599.

L’intérêt de ce site, sur une rivière navigable jusqu’au milieu du XVIIème siècle, et flottable jusque vers 1865 (trains de bois – flottage de merrains « à bois perdu »), justifiait la présence de deux ports : l’un en amont, La Noue, près de l’actuel viaduc, et l’autre en aval, au champ de foire.

De ce gué partait, à l’époque des Bituriges, un vaste réseau de chemins très praticables.
Sur l’une de ces anciennes voies gauloises, les Romains construisirent une chaussée dont une rue de St-Florent perpétue le souvenir (Chaussée de César), et édifièrent le premier pont sur le Cher. Cette voie romaine reliait donc Bourges à Issoudun, Argenton, Poitiers, et permettait de rejoindre Bordeaux.

Les vestiges du dernier pont romain sont encore visibles : des arches subsistent, à une centaine de mètres du pont actuel.

L’édification du Château :

Le plus ancien Seigneur connu de St-Florent est Jean des BARRES (vers 1200). Ce seigneur de la Guerche était le petit-fils de Guillaume des BARRES connu pour avoir vaincu Richard Cœur de Lion lors d’une joute en 1191 à Messine. La tradition militaire était d’ailleurs bien ancrée dans la famille puisque le père de Jean, Guillaume II devait libérer des ennemis le roi Philippe Auguste tombé de cheval à la bataille de Bouvines. En 1278, Jean des BARRES vend les terres de St-Florent et Villeneuve à Pierre LEROY (une famille des plus nobles et des plus anciennes de Bourges).

Il est probable qu’un château fort existait déjà à cette époque. Ce n’était sans doute qu’une forteresse de bois qui commandait le gué du Cher et l’entrée des ponts. La construction d’un véritable château fort ne fut entreprise qu’à la fin du XIVème siècle ou au début du Xvème, elle est attribuée à Jacques LEROY IIIème du nom, seigneur de St-Florent et de St-Caprais, homme d’armes de la compagnie du Grand Sénéchal de Normandie.

Le château se présentait comme un ensemble de bâtiments et de murailles entourant une cour d’honneur. Son entrée s’ouvrait au sud-est, vers le bourg, par un pont-levis ; trois tours garnissaient les angles sud, nord et est, une 4ème faisait saillie au milieu de l’enceinte nord. La tour nord, n’ayant comme accès qu’un escalier étroit, contenait vraisemblablement des prisons dans une basse-fosse. Une courtine entre chaque tour portait un chemin de ronde. Le Cher baignait les remparts au sud-ouest et alimentait des trois autres côtés des fossés creusés à fond de cuve, ceinturant ainsi toute la forteresse.

Les guerres de religion :

Situé entre Bourges et Issoudun, le château eut à subir plusieurs sièges et de nombreuses dévastations pendant les guerres de religion.

Il fut attaqué et pillé en 1562.

Investi et occupé par les Huguenots d’Issoudun en 1590, il fut repris aussitôt par le Lieutenant de LA CHATRE, sire de Richemont.

Les Bourbon-Condé :

En 1624, Claude LEROY meurt sans postérité. L’année suivante, la terre de St-Florent est achetée par Henri II, prince de sang, duc de Chateauroux, seigneur de La Châtre, gouverneur du Berry. Ce Prince de Condé acquit la seigneurie pour 50 000 livres. Ennemi déclaré de CONCINI et de Marie de MÉDICIS, Henri II s’était vu accordé par la cour une pension de 1 million et demi de livres pour qu’il se tint tranquille. Il fut un seigneur tout puissant du Berry dont il avait été nommé Gouverneur. C’est à lui qu’on doit la réfection du pont (appelé d’ailleurs pont Condé et disparu aujourd’hui).

A sa mort, c’est Louis II de CONDÉ dit le Grand Condé qui héritera de St-Florent. Principal chef de la fronde des Princes , il hébergea en 1649 dans son château une importante garnison. Pendant 5 ans, notre province fut désolée par la guerre civile, pillée successivement par les troupes royales et par les troupes révoltées. Après l’échec de la Fronde, le château de St-Florent ne connut par le sort de nombreux autres qui furent démantelés et mis hors d’état de défense.

Le Grand Condé mourut en 1686. Son fils Henri II qui hérita de ses biens, était atteint d’une folie singulière : il se croyait mort ! Ses médecins ayant réussi à le persuader que les morts mangeaient, il consentit à s’alimenter et ne mourut réellement qu’en 1709. La Seigneurie restera dans la famille jusqu’en 1727.

Cette année là, ses héritiers vendirent St-Florent, à François CHABAUD de la TERRÉE pour 141 000 livres. Celui-ci était conseiller du Roi, receveur des tailles en l’élection d’ Ce dernier eut une fille qui épousa Pierre de L’ESTANG conseiller du Roi, lieutenant au Baillage du Berry.

En 1779, Pierre de L’ESTANG vendit son château à Charles Joseph PATISSIER, Marquis de Bussy, lieutenant général des armées du Roi, propriétaire des terres du Coudray et de Castelnau. Ce marquis avait connu la gloire aux Indes au côté de DUPLEIX.

En 1781, il devait s’embarquer à nouveau pour les Indes où il mourut 4 ans plus tard. Sa nièce et héritière avait épousé le Marquis de FOLLEVILLE lequel chassé par la révolution dut émigrer en Espagne en 1792. Ayant obtenu le divorce, sa femme put rentrer en possession de ses biens missous séquestre par la révolution.

En 1825, elle vendit la terre de St-Florent au Marquis de TRAVENET lequel vint avec sa femme s’installer au château et furent dit-on des bienfaiteurs pour le pays.

Dix ans plus tard, le château passa aux mains des roturiers, c’est M. CARPENTIER, ancien négociant à la Charité qui fit l’acquisition de cette demeure princière. Son unique fille épousa en 1839 le fils d’un industriel d’Orléans M. BRUNET, celui-ci devint propriétaire du château en 1845, il fut d’ailleurs par 2 fois élu Marie de St-Florent.

C’est de cette époque que date l’éloignement du lit du Cher ainsi que le comblement d’une partie des fossés.

D’ailleurs, une délibération du Conseil Municipal du 15 juin 1877 reproche au Maire d’avoir fait procéder à d’énorme remblais au détriment du lit du Cher. M. BRUNET dut prouver qu’il avait acheté à l’Etat une partie des terrain ainsi récupérés.
Quand au château, M. BRUNET, le fit modifier de fond en comble. On abattit le mur côté rivière ainsi que le grand corps de logis du nord-est, c’est là que résidait jadis le seigneur quand il venait à St-Florent.

S’inspirant du château d’Anet, M. BRUNET fit entreprendre la restauration des bâtiments restants. D’un édifice austère, il en fit un château de style Louis XII avec un revêtement extérieur de briques rouges plaqué sur l’ancien mur, une large terrasse à balustrade sculptée sur toute la longueur de la façade et un magnifique escalier à double révolution. Le pavillon d’entrée et la chapelle furent ornés de balustres à jour, la tour (appelée aujourd’hui improprement donjon) ainsi que les échauguettes commandant l’ancien pont-levis furent surmontées de hautes girouettes.

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plan 2.JPG


En 1899, c’est un industriel M. RENEVEY qui devient propriétaire, son gendre M. MALAPERT en hérita et c’est lui qui finalement le vendit à la commune de St-Florent le 30 mai 1936.

Le château de tant de seigneurs, de princes et de bourgeois était devenu la Maison du peuple.

Depuis 1977, la Municipalité a entamé la restauration du château. Après le rez-de-chaussée et le 1er étage, ce fut en 1987 la chapelle et la tour d’entrée (donjon), ces travaux vont se poursuivre avec la restauration du 2ème étage.
Le donjon et la chapelle, ainsi que le colombier dû à l’architecte LE JUGE, restent les vestiges les plus anciens.

Des archives récemment découvertes permettraient de situer l’emplacement de l’ancienne enceinte et de tours médiévales.

Sources : Office de Tourisme.
Journal « Le Berry Républicain »
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Monique
 
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