Antoine Boin, Médecin et Député du Cher (1769-1852)

Antoine Boin, Médecin et Député du Cher (1769-1852)

Messagepar Yves de Jacquelot » 19 Mai 2015 17:49

Extrait de la thèse de médecine des Dr Eric et Maryse Schiller soutenue le 10 mai 1993 à la Faculté de Médecine de Tours sous le titre "Antoine BOIN, un médecin du début du XIXème siècle : son oeuvre médicale, publique et politique


Biographie générale d'Antoine BOIN.


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Antoine BOlN naquit le dix-neuf janvier I769 place Saint-Pierre le Puellier (actuelle place George Sand) à Bourges, et fut baptise dans la paroisse- de Saint-Pierre le Marché.

Il est né de l'union légitime de Anne SEGUIN (1747-1818) et de Gilles-Victor BOIN (l730- I807).

ll est issu d'une famille influente d'hommes de loi. son père occupa une place non négligeable à Bourges. Il était Procureur et avocat au baillage de Bourges. et a fait longtemps partie de l'Assemblée Electorale- du Cher et du Conseil Municipal de Bourges.

Antoine BOIN fit avec succès ses humanités au lycée de Bourges et commença à l'université de cette ville l'étude de la médecine. Nous n'avons pas retrouvé de renseignement sur cette partie de sa vie, il semble qu'il fut le premier et dernier membre de sa famille à embrasser la carrière medicale.

L'Université de Bourges était dans ses dernières années d'existence (elle disparut en I793), et c'est naturellement qu'Antoine BOIN partit dèsI788 suivre les cours de la Faculté de Médecine de Paris où il vécut les premiers temps de la Révolution
Assidu. il obtint de façon régulière ses diplômes et certificats. Il reçut l'enseignement de sommités médicales snltltltllcs de l'époque: CORVISART (Clinique médicale ou interne). DESAULT (Clinique chirurgicale). BAUDELOCQUE (Accouchements. Maladie des femmeset et des enfants). FOURCROY (Chimie médicale et Pharmacie). CABANIS et MAHON (Médecine légale)…
Après cinq années d'études. il reçut le 18 Frimaire an Il (8 décembre 1793) un avis de mobilisation à la suite des hôpitaux ambulants de l'armée du Nord. En qualité de médecin ordinaire. Après une année à la suite de l'armée du Nord. il fut nommé à l'hôpital de GAND, en Flandre orientale (Belgique) (Vendémiaire an III - septembre 1794)
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puis à UTRECHT (République Batave - Pays-Bas) (Thermidor an lV - Août I796). ll fut ensuite affecté à l'hôpital de BREDA. dans la République Batave (Thermidor an V – Août 1797), où il assura son service en tant qu'officier de santé “militaire" de première classe jusqu'à son licenciement “par suite de la Paix" (Lunéville – 9 février I801) le 3 Brumaire an X (25 octobre 1801). Sur ces huit années de service militaire. nous possédons soixante-dix lettres de correspondance en majorité avec le Docteur LAUBRY. médecin-chef de l'Armée Française dans la République Batave (les actuels Pays-Bas). lettres qui nous permettront de consacrer une partie ci-après à cette période militaire.

De retour à Paris. après avoir réussi ses examens sur les différentes matières médicales les 25 Nivôse et 5 Pluviôse an X (15 et 25 janvier 1802). il soutint sa Thèse le I8 Ventôse an X (9 mars I802) qui a pour titre « Dissertation sur le chaleur vitale ». L'École de Médecine de Paris lui délivra le 21 Ventôse an X (12mars 1802) un certificat de capacité de médecin.
Le 3 Thermidor an Xl (22 juillet 1803). ce certificat fut échangé contre un diplôme de Docteur en Médecine.
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La Thèse d‘Antoine BOIN est un travail important qui fut accueilli avec faveur dans le monde médical. et qui donna lieu à l'adresse de nombreux compliments. comme celui du Conseil de Santé des armées françaises le 2S ventôse an X (l6 mars 1802): "Votre travail nous a offert un ouvrage absolument hors de la ligne ordinaire des Thèses de réception. Vous avez traité votre sujet avec une érudition sagement ménagée. Vous avez donné le même caractère de modération à vos critiques et à vos éloges. C'est à ces marques qu'on reconnaît les hommes qui ont étudié l'art de guérir dans les anciens fastes de la médecine. et trouvé l'explication des phénomènes de la vie et de la santé dans les découvertes des temps postérieurs" [AFB PM 3].

De retour à Bourges. il est nommé. le 2l Fructidor an X (8 septembre I802). médecin adjoint des hospices civils et utilitaires de la ville. chargé du service journalier de l'HôpitaI Général. et de remplacer le médecin-chef. le Docteur CARRE. en cas d'absence ou de maladie de ce dernier.

Le 11 Vendémiaire an XIV (3 octobre 1805). à la suite du décès du Docteur CARRE. il est nommé médecin-chef de tous les hospices et établissements civils et militaires de Bourges. puis médecin du lycée de Bourges le 19 Vendémiaire an XIV (Il octobre 1805).
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Le 1er mars 1807. il est nommé par le Préfet. le Général BARRAL. au poste de médecin des Epidémies.

Le 7 novembre 1817. il proposera la nomination du Docteur FERNAULT comme médecin-chef associé. chargé de le remplacer quand il est absent, situation de plus en plus fréquente du fait de son activité parlementaire. La commission administrative acceptera cette nomination. En octobre 182l. en raison de son activité publique sur le plan national. il démissionne de ses fonctions et reçoit le titre de médecin-chef honoraire des hospices de Bourges. Il entre à la commission administrative des hospices de Bourges le 17 avril 1810. Son activité au service des hospices de Bourges sera développée dans la Partie 3.
ll a en outre été membre du Jury médical du Cher à partir du 27 juin 1811.

Enfin. il exerce la médecine en ville. place Saint-Pierre le Puellier. Donnant toujours la priorité de ses soins aux patients les moins fortunés (Le Baron de GIRARDOT. I852. Biographie de M. Antoine BOIN BOURGES: Just Bernard. 15 pages). Nous ne disposons pas de documents permettant de mieux préciser son activité de médecine libérale.

Au début de l'année 1809. le Docteur BOlN reçut à l'Hlôtel-Dieu de Bourges les prisonniers de guerre espagnols. "Leur colonne. atteinte par une épidémie sur les frontières d'Espagne, sema la mort sur son passage" (cf GIRARDOT. 0p.Cit.). Chargé de combattre cette épidémie. Antoine BOIN écrivit un rapport détaillé sous le titre Mémoire sur la maladie qui régna en 1809 chez les Espagnols prisonniers de guerre à Bourges

En 1813. il publia un ouvrage sous le titre Coup d'oeil sur le magnétisme et examen d'un écrit qui a paru sous ce titre : « lettre sur le magnétisme adressée à M*** à Paris, par M. Morisson de Bourges ». Cette brochure de Vingt-neuf pages montre son scepticisme de scientifique pragmatique envers les théories et les effets du magnétisme animal.

Enfin en 1832. lors de la grande épidémie de choléra. il publia un mémoire intitulé "Du Choléra Morbus et de son traitement", dans lequel. mettant à l'écart toute théorie. il se contenta d'indiquer une méthode curative et pratique aux médecins qui devaient combattre l'épidémie. Il proposa ses services à l'administration bien qu'il ait cessé son activité médicale hospitalière depuis 1821. Son zèle ne fut d'ailleurs pas mis à l'épreuve car le choléra ne fit que peu de victimes à Bourges en 1832 (JONGLEUX E. 1935).

Nous étudierons plus loin (Partie 4) tous ses écrits publiés sur la médecine.

Ceux-ci. et en particulier le “Mémoire sur la Maladie des Espagnols". lui permirent d'être accueilli au sein de nombreuses sociétés savantes: le 2 janvier 1816. il fut accepté comme membre associé correspondant de la Société Médicale de Tours ; le 16 janvier 1816. associé correspondant du Cercle Médical de Paris. ci-devant Académie de Médecine ; le 16 février 1816. correspondant de l'Académie des Sciences. Belles Lettres et Arts de Rouen ; le 16 mars 1816. membre correspondant de 1'Athénée de Niort : le 28 septembre 1816. associé correspondant de l'Athénée de Médecine de Paris ; le 21 mai 1817. membre associé de la Société de Médecine. De Chirurgie et de Pharmacie du Département de l'Eure ; le 9 janvier 1818. membre de la Société des Sciences. Ans et Belles Lettres de Mâcon ; en 1818. membre de la Société des Amis de l'Agriculture. des Sciences et des Arts du Cher ; le 2 février 1820. associé correspondant de la Société des Sciences. Agriculture et Belles Lettres du Tarn et Garonne ; le 27 septembre 1820. associé non résident de 1'Académie Royale de Médecine ; et enfin le 4 avril 1821. associé correspondant de l‘Académie des Sciences. Belles Lettres et Arts de Marseille ainsi que de la Société Académique de la même ville .
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Antoine BOIN. comme de nombreux médecins de cette époque. s'intéressa aux eaux minérales et à leurs propriétés médicinales. Le 20 mai 1819. le Ministère de l'intérieur créa une Commission pour les Eaux Minérales Naturelles et Factices que le Docteur BOIN fut appelé à présider (c! Partie 5). Le 17 mai 1820. il est nommé Inspecteur Général des Eaux Minérales de France. Antoine BOIN fut l'auteur d'une série de rapports manuscrits sur chacune des sources minérales de France. Ces documents. normalement conservés dans les archives du Ministère de I'1ntérieur. d'après le Plutarque de 1847 n'ont pu être retrouvés. malgré de nombreuses recherches aux archives nationales. Les archives familiales de la famille BOIN nous ont tout de même permis de consulter un certain nombre de documents constituant la base d'une partie de notre thèse (Partie 5). Le 12 janvier 1825. la Commission des Eaux Minérales fut supprimée. mais le Docteur BOIN fut maintenu dans ses fonctions d'inspecteur Général. En 1828. il donna sa démission au Ministère de l'intérieur qui la refusa. et ce n'est que quelques mois plus tard. après une réduction budgétaire votée par la Chambre des Députés. que sa volonté d'interrompre ses fonctions fut acceptée. et que son titre fut définitivement supprimé. ll fut le dernier inspecteur Général des eaux minérales de France.
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Le 19 Germinal an Xl (9 avril 1803). il épousa à Bourges Marie-Catherine Adeline SALMON. née le 1S décembre 1781 dans l'lle de la Guadeloupe. Elle était issue d'une famille riche et influente. Son père Jean-Laurent SALMON. natif de la ville d'Henrichemont dans le Cher et décédé en 1835. émigra à la Guadeloupe où il fut Ecuyer. Conseiller du Roi au Conseil Souverain de cette île. Sa mère. Marie Catherine CHEVALIER. native de Basse-Terre en Guadeloupe. était la fille de Pierre CHEVALIER. Directeur et Receveur Général de l'Ancien Domaine en cette île .Nous n'avons pas en notre possession le contrat de mariage d‘Antoine BOIN. mais il est fort probable (et son arrière-arrière petite fille. que nous avons rencontrée. nous l'a confirmé). que ce soit grâce à la dot de son épouse qu'il pourra par la suite devenir propriétaire terrien et atteindre le cens d'éligibilité a la députation.
De leur union naîtront deux enfants. Victorine en I806 et François-Ferdinand en 1811. Nous donnerons en annexe une généalogie complète de la famille BOlN.

Le dernier aspect de sa vie. celui qui l'imposa aux yeux de ses contemporains. du moins sur le plan national, fut son engagement politique. Le 20 septembre 1812. il fut nommé membre du Conseil Général du Cher, qu'il présida pendant plusieurs cessions, et auquel il ne cessa d'apporter, pendant plus de trente ans, le tribut de ses lumières, d'une longue expérience, de pensées toujours bienveillantes et généreuses, exprimées avec une parole abondante et facile" (le Baron de GIRARDOT. Op. Cit). En 1814. il entra au Conseil Municipal de la ville de Bourges qu'il quitta en 1834 (de GIRARDOT. Op. Cit). Cette même année. il fut élu Maire de Palin. petite commune du Canton de Dun-Le-Roi dans le Cher. où il possédait une propriété au lieu-dit Villaine. qui fut sa résidence jusqu'à son décès. Il fut Maire de Palin jusqu'au 13 mai 1851 (cf Partie 7).
Bien avant. il joua un rôle important sur la scène politique nationale. Après avoir refusé pendant les Cent-Jours son adhésion au gouvernement impérial. il fut élu. le 22 août 1815. Député du Cher dans la première Chambre élue après le retour de Louis XVIII à Paris. En 1815. il fut le seul médecin à siéger à la Chambre. dont1a majorité ultra-royaliste la fit qualifier par Louis XVIII lui-même de "Chambre Introuvable", c'est-à-dire "plus royaliste que le roi". Réélu jusqu'en 1827. date à laquelle il abandonna sa carrière politique nationale. il siégea à partir de 1816 au Centre gauche. seconde section (d'après le Plutarque de 1847). Certains l'avaient accusé de ne pas avoir une attitude politique claire. Il incarnait plutôt le Centre, penchant parfois à droite, parfois à gauche. Avant tout royaliste convaincu. il était pleinement constitutionnel et légitimiste. Sa participation aux débats parlementaires fut importante (cf Partie 6). Dès l'ouverture de la session de 1815. le 9 novembre.
Antoine BOIN demanda: "la peine de mort contre quiconque arborerait le drapeau tricolore". (Dictionnaire des Parlementaires français Archives de l'Assemblée Nationale). attitude qui nous semble en contradiction avec ses prises de position en général modérées.

Antoine BOIN vota avec la minorité, surtout constituée des "doctrinaires", contre la loi de sûreté générale, mais appuya avec force le projet de loi relatif aux écrits et actes séditieux, délits et crimes. En l8l6. il vota la loi d'Amnistie. En appuyant tout de même les articles faisant des exceptions à la loi de Pardon. En particulier ceux qui prévoyaient le bannissement des Bonaparte et des Régicides. Il vota, avec la majorité plus libérale, tout d'abord, la loi sur la liberté individuelle. Et celle. plus souple, sur la liberté de la presse et sur les journaux; il fit de même pour la nouvelle loi sur la conscription établissant, pour le service militaire, le tirage au sort parmi les jeunes de plus de vingt ans, et le droit de se faire remplacer: enfin, Il vota aussi en faveur des règles de nomination et d'avancement des officiers, égales pour tous. (On rappellera qu'il avait été sensibilisé à ce sujet par sa propre expérience au sein de l'Armée). Ce dernier point souleva les plus vives protestations de la Droite, la Noblesse perdant ainsi l'un de ses derniers privilèges.

Il se prononça encore pour l'exemption des patentes imposées aux médecins et officiers de santé (cf Partie 6).

En 1818. il discuta le projet de loi relatif aux Finances, et demanda de s'engager sur la voie des économies sur la base d'un plan d'ensemble rigoureux. Au lieu de chercher à augmenter les recettes publiques comme à l'habitude, soit par l'extension des anciennes taxes, soit par la recherche de nouvelles matières imposables. Au cours de la même discussion, il parla en faveur des propriétaires terriens, en opposition aux "capitalistes" (possesseurs de biens mobiliers), pour qui on proposait d'abaisser la contribution mobilière alors que la contribution fermière resterait identique. Enfin, il s'insurgea contre l'article qui annulait la dette publique auprès des créanciers n'ayant pas produit leurs titres avant le 1er octobre 1817 (cf Partie 6).

En I820. il défendit le projet de loi relatif au Monopole des Tabacs. Soutint le système de la construction simultanée et générale des canaux et se prononça pour leur exécution par des compagnies industrielles, et non par I‘Etat. Lors de la discussion du Budget, Antoine BOIN proposa d'allouer une pension décente aux membres de la Légion d'Honneur, qui ne recevaient que la moitié du traitement de simple légionnaire.
L’année I820 fut aussi l'année de son coup d'éclat politique. Il s'agit de son amendement du “double-vote", qui marquait le pas sur le libéralisme de la précédente loi électorale de I817, en permettant au quart des électeurs les plus fortunés de voter deux fois à chaque élection. une première fois dans le collège départemental puis une seconde fois dans le collège d'arrondissement. Cet amendement restera la base du système électoral français pendant près de trente ans.

En I823. il prit la défense des médecins inspecteurs des eaux minérales de France, et fit rejeter deux amendements visant au non-paiement de leurs indemnités par les propriétaires de sources, et à la réduction de leur traitement. (cf Partie 5).

En I825. il fut le rapporteur de la Commission chargée de l'examen du projet de loi sur les Ecoles Secondaires de Médecine, les Chambres de Discipline et les eaux minérales artificielles. Ce texte, adopté a la Chambre des Députés, fut à plusieurs reprises rejeté par la Chambre des Pairs, et finalement abandonné (cf Partie 6).

Il termina sa carrière parlementaire en faisant rejeter un amendement proposé par la Commission du Budget tendant à supprimer une somme de S0 000 Francs destinée a encourager l'instruction publique.

C'est lors des élections de 1827 qu'il décida, à l'âge de S8 ans. de quitter la scène nationale, refusa la présidence du collège d'arrondissement proposée par le Roi, qu'il avait déjà occupée (de GIRARDOT. Op. Cit). Nous consacrerons une partie à ses prises de position politique en étudiant tout particulièrement le projet de loi sur les Ecoles Secondaires de Médecine.

Il consacra les vingt-cinq dernières années de sa vie à son département, à la Ville de Bourges et à sa commune de Palin, où il exerça plus qu'épisodiquement la médecine à titre gracieux.

En marge de ses principales activités, il fut aussi membre du conseil académique de l'instruction publique de Bourges à partir du 19 septembre 1819, membre de la société d'Antiquités, d‘Histoire et de Statistique du département du Cher à partir de février I835.

Sur le plan honorifique. il fut nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 27 février 1816, Officier de la Légion d‘Honneur le 2 mai 1821, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel le 8 octobre I819 et Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis le 3 mars I817.
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Enfin, nous possédons un certificat de Franc-Maçon, délivré par la Loge de Bréda, alors qu‘il exerçait comme médecin militaire . Nous n'avons pas pu savoir s'il était resté franc-maçon par la suite, la famille ayant totalement occulté cet aspect de sa personnalité.

Sa vie fut pleine, riche en honneurs et en hautes fonctions, mais aussi consacrée, avec humanité et générosité, aux plus humbles.
Il mourut dans sa propriété de Villaine (Commune de Palin) le vingt neuf janvier 1852 à treize heures et fut enterré au cimetière de Palin, dans 1e caveau familial BOIN-CORBIN qui existe encore.
Yves de Jacquelot
 
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