Les Boin d'Ourouer

Ce thème regroupe les histoires des familles. On trouve en Berry comme ailleurs des familles fortement implantées et aux nombreux représentants, cela aussi bien dans la noblesse, que dans le clergé ou même le peuple.

Les Boin d'Ourouer

Messagepar Yves de Jacquelot » 17 Avr 2015 09:31

Le patronyme Boin semble avoir trois implantations principales dans le Cher qui se situent l'une à Givardon, l'autre à Ourouer et la troisième dans le Sancerrois sans que nous ayons pu à ce jour établir un lien entre elles ; toutefois on peut penser que les Boin de Givardon ont un souche commune avec ceux d'Ourouer compte tenu de la faible distance qui sépare ces deux villages, pour ceux du Sancerrois aucun indice à ce jour ne nous permet le moindre rattachement.
Nous nous intéresserons ici à ceux d'Ourouer qui nous sont mieux connus. Nous y distinguons deux branches qui sont très proches sans que pour autant nous ayons pu trouver le lien entre elles. Il s'agit de notables locaux qui ont su s'élever dans la hiérarchie sociale jusqu'à un ministre. Outre les fonctions qu'ils occupaient, le fait qu'ils soient inhumés dans l'église et non dans le cimetière atteste de leur rang et de leur fortune

1ère branche

I.- Le plus ancien à partir duquel commence la filiation continue est Louis Boin :
En janvier 1714 il était marchand à Ourouer, en mars 1721 le voici bourgeois de Flavigny et en Novembre 1730 sa femme est déclarée veuve de Louis Boin marchand d'Ourouer, cette mention signifie peut être simplement qu'il avait été marchand à Ourouer et non pas qu'il l'était redevenu après un passage à Flavigny, il avait épousé Gilberte Michard; nous lui connaissons quatre enfants, 2 filles nées en 1712 et 1713, un garçon né en 1714 et un autre dont nous ne savons pas la date de naissance, par contre si nous ne savons rien d'autre que leur naissance pour les 3 premiers nous sommes mieux renseignés surle quatrième Jacques Gilbert Charles qui suit.

II.- Jacques Gilbert Charles Boin
(dont on ignore le rang dans la filiation, soit n° 1 soit numéro 4) nous est mieux connu. En effet il était notaire royal et procureur official de la justice d'Ourouer, son mariage a été célébré le 2 novembre 1730 à Sainte Gemme en Sancerrois avec Anne-Françoise Grangier fille n'un notaire au Comté de Sancerre ; nous lui connaissons dix enfants et savons qu'il était décédé lors du baptême de sa fille Reine Angélique le 28 ?? 1748 mais vivant lors de celui de son autre fille Berthe (aussi appelée Gilberthe) Elisabeth le 3 février 1746. Ceux de ses enfants dont nous connaissons l'union, se sont mariés dans le même milieu, Anne-Solange a épousé un marchand, Gilberthe un notaire royal et procureur à Nérondes et Gilles-Victor qui continue la filiation,la fille du'un fermier général de l'abbaye de Plaimpied

III.- Gilles-Victor Boin
Cinquième enfant de Jacques Gilbert (mais ses trois frères ainés sont décédés à moins d'un an pour deux d'entre eux et à 12 ans pour le troisième) était donc en fait l'aîné des garçons de la famille, né à Ourouer le 6 mars 1738, il a épousé à Bourges le 9 janvier 1759 Françoise-Anne Seguin, fille nous l'avons vu d'un fermier général de l'abbaye de Plaimpied ; il est dit sur l'acte de mariage « procureur au baillage et comté d'Ourouer », il est décédé le 1er thermidor an XI (20 juillet 1803) à Bourges, âgé de 65 ans. Il a laissé quatre enfants : Etienne né le 25 novembre 1759, Anne le 17 novembre 1764, Antoine qui suit, et Vincent qui suivra. Tous ses enfants sont nés à Bourges mais sur l'acte de baptême de l'aîné (paroisse St Ambroix), il est dit que son père est de la paroisse d'Ourouer tandis que les autres ont été baptisés à St-Pierre-le-Marché (aujourd'hui Notre Dame) et que Gilles Victor est désigné comme procureur à Bourges. Etienne, commissaire du Roi près le tribunal à Sancerre lors de son mariage en 1791, puis nommé juge toujours à Sancerre le 5 septembre 1805 pour terminer conseiller à la Cour d'Appel de Bourges à compter du 1er octobre 1823, a épousé Suzanne Julie Grangier probablement parente de sa grand-mère Anne-Françoise, épouse de Jacques Gilbert Boin, ils ont eu un seul enfant, Victor, mort jeune ; Anne Boin a épousé à Bourges en 1787 François Guébin, procureur du Roi au siège de la Monnaie dont deux enfants.

IVa.- Antoine Boin

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Troisième enfant et second fils est né le 19 janvier 1769. Il fit une brillante carrière de médecin puisque, médecin chef de tous les hospices civils et militaires de Bourges, il devint Inspecteur Général des Eaux Minérales de France ; à côté de sa carrière médicale il eut une carrière politique, locale comme membre du Conseil Général du Cher (1812) du Conseil Municipal de Bourges et, plus modestement à la fin de sa vie comme maire de St-Denis-de-Palin où il possédait une propriété lui venant de sa femme, mais aussi nationale car il fut député du Cher de 1815 à 1827. Il fut officier de la Légion d'Honneur, membre de nombreuses sociétés savantes. Sa vie et son œuvre sont bien connues par les archives familiales conservées pas ses descendants et qui ont été heureusement exploitées par les docteurs Eric et Maryse Schiller qui en ont fait le sujet de leur thèse de médecine soutenue à Tours le 10 mai 1993. Antoine Boin à épousé le 9 avril 1803 à Bourges Catherine Adeline Salmon née le 15 décembre 1781 à Saint-François (Guadeloupe) où son père Jean-Laurent natif d'Henrichemont, était magistrat. Rentré en France, le couple avait acheté une propriété à Saint-Denis-de-Palin qui passera donc, par son mariage, à Antoine Boin, ce qui explique qu'il fut maire de cette commune. Cette propriété est toujours dans les mains de ses descendants. Il décéda le 29 janvier 1852 à Saint-Denis de Palin laissant deux enfants, Victorine née le 28 mars 1806 à Bourges, épouse d'Eugène Corbin et Ferdinand François qui suit.

V.- Ferdinand-François Boin

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Né le 20 juin 1811 à Bourges fit une carrière de magistrat passant au gré de ses nominations de Bourges à Saint-Amand, de Saint-Amand à Nevers, de Nevers à Orléans pour terminer de nouveau à Bourges comme président de chambre à la Cour d'Appel, il prit sa retraite en 1881. Il avait été en outre président du Conseil Général du Cher et fut fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1851 alors que, très jeune, il n'occupait encore que le modeste poste de procureur à Saint-Amand, nous ne savons pas ce qui lui valut cet honneur, peut-être la position de son père n'y était-elle pas pour rien. Ferdinand Boin a effectué d'importantes transformations à la propriété de Saint-Denis-de-Palin qu'il affectionnait particulièrement et lui a donné l'aspect qu'elle a encore aujourd'hui. Il avait épousé le 19 septembre 1842 à Nevers Marie-Henriette Seignette des Marais, descendante d'une illustre famille d'apothicaires et de médecins de La Rochelle dont un ancêtre fut même médecin de SAR le Duc d'Orléans. Il décéda le 7 février 1907 à 95 ans laissant une fille unique, Catherine-Jenny.

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VI.- Catherine Jenny Boin
Née le 2 juillet 1855 à Nevers, elle a épousé le 28 juillet 1873 à Bourges Louis Gigounous de Verdon, magistrat puis avocat, son très lointain cousin par les Seignette, elle est décédée à Bourges le 1er mai 1931.

IVb.- Vincent Boin
Né à Bourges le 8 juillet 1773, il a épousé le 6 mars 1796 à Valenciennes où il était commis aux entrées de l'hôpital militaire Suzanne Brabant, mariage un peu précipité puisque moins de 4 mois après, le 31 juillet naissait leur premier enfant Constantin Victor suivi de deux filles Elisabeth, née le 8 septembre 1800 à Valenciennes et Françoise née dans la même ville le 8 novembre 1802 ; Vincent est décédé à Valencienne le 8 décembre 1803, sa profession à cette date était « écrivain ». Son frère Antoine a été nommé tuteur des enfants mais il semble qu'après la mort de leur père les deux filles soient allées vivre chez leur oncle Etienne à Sancerre, leur mère s'étant remariée.
Nous ne savons rien de la destinée de Constantin-Victor

Elisabeth Boin a épousé le 14 février 1822 à Paris 2° Hippolyte-Antoine Ricard, directeur des contributions directes, leur fils Amable Ricard(1828-1876) fut avocat, préfet des Deux-Sèvres, Vice-président de l'Assemblée Nationale, Sénateur inamovible, et Ministre de l'Intérieur, fonction qu'il n'exerça que quelques mois avant qu'une mort subite ne vienne interrompre cette brillante carrière. Ferdinand François Boin était témoin à son mariage et à laissé ses impressions sur des lettres conservées par la famille

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Françoise Boin, née le 8 novembre 1802 à Valenciennes épousa à Sancerre le 16 juin 1823 Gabriel Auguste Callande de Clamecy, receveur principal des contributions indirectes à Châteauroux

2ème branche

I.- Un Boin dont ne nous savons rien, pas même le prénom a eu au moins 2 fils Jacques-Charles et François, nous ne savons pas l'ordre de leur naissance

IIa.- Jacques-Charles Boin
Notaire royal aux Bourdelins est né vers 1679 et est décédé le 21 août 1742 à Ourouer. De son mariage avec Marguerite Carton nous lui connaissons 6 enfants : Marie née le 18 février 1724 épousa en 1742 Jean Barthon, marchand, dont elle a eu 3 enfants, vinrent ensuite Gabriel et Jacques-Charles nés les deux années suivantes et tous deux décédés en 1726, Estienne et Gilbert, jumeaux, nés en 1727 et enfin Marie née en 1730

IIb.- François Boin
Procureur d'office de la justice d'Ourouer était décédé lors du mariage de sa fille Berthe en 1741, il a épousé Anne Segoin. Nous lui connaissons trois filles, Françoise (ca 1717-1772) a épousé Jean Jayme (cinq enfants dont 4 garçons), Jeanne née en 1719 a eu pour parrain Gilbert Boin,son oncle, bailly royal aux tailles à Bourges et qui se situerait donc en IIc, et Berthe née en 1721, épouse de Jacques Petit en 1741

Il n 'a pas été possible d'établir de lien précis entre ces deux branches mais il est certain qu'elles sont très proches car on trouve des membres de l'une comme parrains, marraines ou témoins de l'une sur des actes de l'autre et réciproquement.

Bien entendu ce travail n'est qu'une ébauche qui ne demande qu'à être complétée.
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
Yves de Jacquelot
 

Re: Les Boin d'Ourouer

Messagepar christine » 23 Avr 2015 21:01

Avez-vous connaissance du contrat de mariage de 1730, Boin/Grangier. Où aurait-il été rédigé ?
Christine
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Re: Les Boin d'Ourouer

Messagepar Yves de Jacquelot » 29 Avr 2015 16:59

J'ignore tout sur un éventuel contrat de mariage Boin-Grangier en 1730 bien qu'il soit presque certain qu'il y en ait eu un parce que c'était la règle d'autant plus que les deux familles sont des familles de notaires. Seuls des registres d'insinuations pourraient nous renseigner mais ils ne sont pas accessibles par internet et j'habite en Normandie.
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